L’arobase a 700 ans

L’arobase a 700 ans
Introduction
Vous pensiez que l’arobase était le fils légitime d'internet ? Que nenni ! Nos anciens l’utilisaient déjà…

Lorsque Ray Tomlinson choisit, en 1971, d’insérer l’arobase entre le nom d’utilisateur et l’adresse de destination des e-mails, le symbole est inconnu. « L’@ était présent sur les machines à écrire depuis la fin du 19e siècle », explique Keith Houston, auteur de Shady Characters: Secret Life of Punctuation. « A l’époque, c’était un symbole général qui signifiait aux lecteurs ‘’vous pouvez avoir tant de produits à tel prix’’. Il n’avait pas d’autre usage ». Il remplaçait simplement le « at » anglais, par exemple : « 12 piles @1£ chacune ». Avec l’avènement des ordinateurs, les claviers s’en sont aussi dotés. « C’était un outil business ».

En 2000, l’académicien italien Giorgio Stabile observe que le symbole a différents noms selon les pays, la plupart du temps décrivant ce qu’il pourrait représenter. Ainsi, en turc, il signifie « rose », en norvégien « queue de cochon », en grec « caneton » et en hongrois « lombric », en italien « amphore ». Enfin, en français, espagnol et portugais, il se réfère à l’arobase, une unité de mesure et de volume.

Dans une lettre de 1536, envoyée de Séville à Rome à propos de l’arrivée de trois navires, il découvre que le symbole était utilisé directement à la place du mot « amphore ». Giorgio Stabile en conclut que l’@ était un raccourci médiéval commun pour les unités de mesure en Europe du Sud, même si les unités différaient.

De son côté, le journaliste espagnol Jorge Romance lui a trouvé un usage encore plus ancien. « J’ai vu ce symbole lorsque j’étais étudiant à l’université de Saragosse. (…) J’ai retrouvé des archives de douanes entre Aragon et Castille datant du 15e siècle où l’arobase était utilisé en tant qu’unité de mesure, en l’occurrence une arobase de blé ».

Mais la référence la plus ancienne qui existe est… religieuse. Présente dans la traduction bulgare de 1345 d’une chronique grecque, elle est aujourd’hui conservée à la bibliothèque apostolique du Vatican. L’@ remplace le « A » de « Amen », et il n’existe pas d’explication à cette utilisation particulière…

Si le mystère reste entier sur cette dernière utilisation, force est de constater que l’@ n’est pas l’apanage des temps modernes. D’ici à ce qu’on découvre que les Egyptiens utilisaient des émojis, il n’y a qu’un pas !

 

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