Le bonheur à portée de mots

Le bonheur à portée de mots
Introduction
L’école THOT fournit les clés du langage, de l’autonomie et du vivre-ensemble pour permettre aux réfugiés et aux demandeurs d’asile de s’épanouir et de s’intégrer dans leur pays d’accueil.

Avoir les clés du langage d’un pays c’est avoir les clés de ses codes (…) c’est un pacte social à long terme

Judith Aquien fonde l’école THOT – Transmettre un HOrizon pour Tous à l’automne 2015. C’est à ce moment là qu’elle connaît la rupture citoyenne qui la pousse à quitter son travail de UX designer pour monter la première école diplômante de français à destination des réfugiés et demandeurs d’asile. Entourée de deux collaboratrices, Héloïse Nio et Jennifer Leblond et d’une directrice pédagogique chargée de créer des programmes éducatifs sur-mesure, Mariame Camara, Judith se donne pour mission de «permettre aux personnes exilées de trouver un ancrage et un horizon au sein de la vie sociale et économique du pays d’accueil».

L’école THOT a donc pour objectif de normaliser l’intégration des populations déplacées par l’apprentissage de la langue locale : «avoir les clés du langage d’un pays c’est avoir les clés de ses codes : c’est pouvoir tomber amoureux de qui on veut, c’est pouvoir obtenir le job que l’on veut, avoir une vie à la hauteur de ce que l’on est et pouvoir transmettre ces choses-là à ses enfants – c’est un pacte social à long terme».

judith aquien portrait noir et blanc

Pour fournir les clés du langage, l’école THOT forme ses élèves à l’obtention du Diplôme de Français Langue Etrangère (DELF), un diplôme d’Etat valable dans tous le pays du monde.

En plus du parcours éducatif et pédagogique sur-mesure, l’école propose également plusieurs pôles d’accompagnement : psychologique, social, juridique, ainsi que des ateliers culturels. «En plus du socle didactique, nous désirons procurer à nos élèves un épanouissement multiforme : nous désirons qu’ils s’épanouissent dans un langage nouveau mais également qu’ils puissent être producteurs de valeur culturelle.

Il s’agit avant tout de les reconnaître comme des individus avec une histoire personnelle, des attaches et une culture» explique Judith Aquien. Ce programme éducatif original est complété par un module d’accompagnement à l’insertion professionnelle, qui prend en compte les réalités du marché de l’emploi du pays d’accueil.

Le financement de l’école THOT a été permis grâce à une campagne de crowdfunding qui a réunit plus de 65,000 euros en 35 jours via la plateforme participative Ulule. Un succès appuyé par une stratégie efficace de communication sur les réseaux sociaux et le soutien d’ambassadeurs comme la journaliste Myriam Bounafaa, l’illustratrice Pénélope Bagieu ou encore le musicien Abd Al Malik. « Ce sont des personnalités qui aiment les mots et qui ont des valeurs humanistes assez semblables aux nôtres : ils croient en l’éducation, à la culture et à l’accueil » explique Judith Aquien.

A l’image du dieu égyptien dont elle tire son nom, l’école THOT de Judith Aquien dissémine les savoirs parmi les déracinés. Aujourd’hui l’école a déjà formé deux promotions d’élèves de tous horizons et accueille sa troisième promotion dans les locaux de l’Alliance Française à Paris. Une démarche inspirante et nécessaire qui prouve que sans langage commun, difficile d’avoir accès au bonheur.

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