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La voiture de demain sera... un lit ?

Le 28 mars 2018

Dans le fablab Makerbay de Hong Kong, César Jung-Harada dort paisiblement dans un cocon de plexiglas… monté sur roues. Avec l’aide d’une équipe de makers, l’ingénieur a créé la première voiture autonome dans laquelle il fait bon dormir… Ou pas.

Connu pour ses voiliers nettoyeurs d’océan, le franco-japonais fondateur du makerspace Makerbay s’est lancé dans un nouveau projet, en partenariat avec la course de Formula E (version électrique de la Formule 1) hongkongaise. Baptisé Shapphire Voyager, son véhicule autonome et électrique innovant se présente sous la forme d’un véritable module de détente.

« Le concept est de proposer une vision de ce que l’automobile pourrait être demain. Une pierre précieuse à l’extérieur et un lieu très confortable, convivial et modulable à l’intérieur. Une sorte de salon roulant et autonome », explique César Jung-Harada.

Côté fonctionnement, c’est assez simple : « Vous entrez l’adresse de votre destination sur votre téléphone mobile, vous le pluggez sur le tableau de bord, et la voiture vous emmène là où vous le souhaitez ».

Pour la partie technique, les entrailles du véhicule reposent sur la structure modulaire OSVehicle (OSV), une plateforme open source qui permet aux constructeurs avertis de développer une voiture rudimentaire en moins d’une heure. Le tout augmenté par un tableau de bord, des interfaces logicielles Android et une carapace design.

En termes d’autonomie, les trois batteries Lio permettent de parcourir 100 Km à une vitesse maximum de 40km/h. La vitesse de croisière idéale pour une bonne sieste sur les gros coussins roses qui tapissent l’intérieur…
Future of Mobility ? Sapphire Voyager
Mais l’attrait indéniable de cette cocooning car nous autorise t-il pour autant à nous endormir sur les dangers de la conduite autonome (et inattentive) ?

Comment oublier si vite Elaine Herzberg, piétonne américaine tuée par un véhicule autonome Uber le 18 mars ? Comment oublier les accidents mortels pour au moins deux conducteurs et conductrices de Tesla autonomes, ou les multiples accidents légers mettant en cause des Google Cars ? La voiture autonome n’est pas un taxi pour personnes éméchées ou un jouet pour enfants à taille adulte. C’est un engin puissant qui implique une grande responsabilité.

Sans système d’arrêt d’urgence ou de pilotage manuel, le Sapphire Voyager ne peut être, en l’état, qu’un élément de réflexion sur les futurs possibles de la voiture autonome, certainement pas une réponse adéquate.
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