Jack Ma, patron d'Alibaba, avec des cornes et une queue de diable

Vous pensiez qu’Amazon était le bad boy du e-commerce ? Découvrez les sombres pratiques d’Alibaba

Le 23 avr. 2018

Le géant du e-commerce chinois n’hésite pas à punir les marques américaines qui décideraient de ne pas lui jurer exclusivité.

L’Associated Press révèle qu’Alibaba, géant du e-commerce chinois, n’hésiterait pas à faire usage de pratiques douteuses pour « punir » les marques qui décideraient d’aller voir ailleurs.

Les entreprises qui souhaitent se positionner sur le marché chinois font naturellement appel à la plateforme, qui connaît une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires depuis 2013, pour y proposer leur offre. Pour rappel, Alibaba est deux fois plus rentable qu’Amazon et génèrerait près de 550 milliards de dollars de ventes par an. Sur le papier, c’est alléchant.

Le souci, c’est que pour profiter de la force de frappe d’Alibaba, mieux vaut accepter toutes ses conditions, rien que ses conditions. Sinon, ça peut faire mal.

Une grande entreprise de vêtements américaine a partagé ses mésaventures avec l’Associated Press : ayant refusé de signer un accord d’exclusivité avec la société de Jack Ma pour aller voir ce qu’il se passait du côté de son concurrent, JD.com, l’entreprise a vu le trafic vers ses annonces baisser de manière drastique. Bannières publicitaires qui disparaissent, pas d’accès aux promotions spéciales, et produits qui cessent d’apparaître dans les recherches : l’entreprise a déclaré que ses ventes avaient baissé de 10 à 20% à cause de ces pratiques. « En se basant sur l’historique de nos ventes, nous aurions dû nous trouver en position dominante. En réalité, nous étions tout en bas de page », a déclaré le directeur du e-commerce de l’entreprise concernée. « C’est de la manipulation de trafic. C’est clairement une punition ».

Un constat amer, partagé par d’autres grandes entreprises… et qui fait aussi du mal aux autres plateformes ! 100 marques chinoises seraient sorties du catalogue de JD.com l’année dernière à cause de pressions de la part d’Alibaba.

Du côté des concernés, on admet totalement ce type de procédés. Dans un communiqué, les équipes ont expliqué procéder en accord avec la loi chinoise, affirmant qu’il n’y avait aucune obligation mais que les contrats d’exclusivité étaient monnaie courante.

Difficile d’émerger dans un marché en plein boom si l’on se voit refuser – même si l’on paye !-  les outils pour y accéder. « Nous demandons aux autorités d’investiguer au plus vite et de prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que ce type de pratiques soient éradiquées du marché », a déclaré Stephen Lamar, Vice-président exécutif de l’American Apparel & Footwear Assocation.

Compte-tenu des ambitions affichées de Jack Ma, difficile d'imaginer que la plateforme accepte de rectifier son tir – qui vise très souvent juste. En juin 2017, le patron d’Alibaba a en effet déclaré à ses investisseurs que son entreprise deviendrait la 5ème puissance économique du monde – oui, derrière les Etats-Unis, la Chine, l’Europe et le Japon.

Ambitieux. Et quand on sait que la fin justifie les moyens dans le Far-West qu’est l’e-commerce, on se dit que les magouilles de Jack Ma ne font que commencer.

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