Trois femmes posant pour Gucci

Quand l’accord de Paris sur le climat inspire Gucci

Le 13 juin 2018

Vous ne rêvez pas : alors que certains politiciens choisissent de faire la sourde oreille, les marques prennent la relève. Gucci lance un plan sur 10 ans avec l’objectif d’avoir un impact social et environnemental positifs.

Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un poncif caricatural. Au cœur de la nouvelle mission affichée de Gucci : les gens, évidemment… Et puis la planète aussi. Ah, et la quête de sens.

Au moins c’est dit, clairement. Sur le papier, ça paraît très convenu. Dans les faits, c’est plutôt bien qu’une marque s’engage.

Au sein d’une plateforme dédiée – baptisée Gucci Equilibrium -, la marque de luxe expose avec grandiloquence sa « mission », celle d’amener un « changement positif au sein de la société pour le meilleur futur collectif possible ».

Marco Bizzarri, président et CEO de Gucci, a déclaré que cette initiative intervient dans un contexte particulier, celui d’une « époque critique où chacun doit jouer un rôle pour atteindre les objectifs fixés par l’ONU et l’accord climatique de Paris ». Mouais... On attend de voir.

On apprend ainsi que l’entreprise s’évertue à utiliser des matières durables, qu’elle cherche à utiliser le moins de produits chimiques possible, ou à réduire ses déchets. En ce qui concerne le packaging, « qui fait partie de l’expérience du luxe », on se contentera d’un sourcing durable plutôt que d’une réduction de la quantité. Dans le genre « demi-engagement » qui déplaira à ses détracteurs, Gucci annonce aussi ne plus utiliser de fourrure qui provient d’animaux exclusivement élevés dans ce but – mais continuera d’utiliser du cuir ou de la fourrure d’animaux qui auront été élevés pour leur viande, par exemple.

Côté people, l’entreprise fait la part belle à celles et ceux qui sont « l’élément vital de l’organisation » : ses employés. Diversité, égalité de genre, initiatives citoyennes... Gucci veut que chaque personne puisse « saisir des opportunités ». Concrètement, cela passe par le développement d’une culture corporate solide où tout le monde peut développer son potentiel. On aurait aimé avoir quelques exemples d'initiatives réussies, mais à part la mise en place d’un Shadow Comex, d’un chat interne et d’un programme basé sur le leadership et l’innovation, le tout sans trop d'explication, on reste un peu sur notre faim…

Le tout ressemble plus à un manifesto léché qu’à une vraie prise de position, mais a le mérite de recentrer le débat : les marques doivent défendre des valeurs sociétales, et le luxe ne peut pas se permettre de faire exception. À plusieurs égards, l’initiative conforte les tendances : celle qui veut que les marques s’emparent des combats politiques, celle qui veut le luxe adopte des valeurs accessibles, et celle qui veut que les marques s’engagent. Attention toutefois : pire qu’une marque qui ne s’engage pas, ce que les consommateurs ne supportent pas, ce sont celles qui font semblant. Terrain glissant…

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