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Levi’s propose un bonus à ses collaborateurs qui fait bien flipper…

un test de médecine
Introduction
Black Mirror is coming ? Levi Strauss & Company met en place des tests bien intrusifs à base d’ADN. Le pire, c’est que les salariés adorent ça…

En plus du salaire et des congés payés, les entreprises proposent tous types d’avantages pour attirer les futurs talents : réductions sur les salles de gym ou les cinés, remboursement du titre de transport, cantine d’entreprise…

Le tout sonne assez classique, quand on se risque à jeter un œil du côté de ce qui se fait outre-Atlantique. Le système américain est évidemment très différent du nôtre, et les négociations tournent très souvent autour de la couverture sociale. Les frais médicaux étant beaucoup plus élevés que dans le reste du monde, les entreprises n’hésitent pas à se positionner sur le sujet afin de proposer des solutions attractives et séduire les recrues.

Levi Strauss & Company l’a bien compris : à l’automne 2017, le groupe a proposé aux équipes du siège de San Francisco, des tests ADN pour évaluer les risques de chacun de développer un cancer ou du cholestérol.

Le New York Times rapporte les propos de Chip Bergh, président de l’entreprise : il espère que ces tests encourageront les employés à mieux considérer la médecine préventive (et ainsi réduire les dépenses du groupe en matière de santé, faut pas pousser).

Alors que le sujet soulève de nombreuses questions en matière d’éthique et de protection des données (va-t-on miser sur quelqu’un qui a plus de risques de développer un cancer ?), la moitié des équipes ont sauté sur l’occasion – ce qui pousse la direction à envisager de proposer ces tests à tous les employés de la boîte.

Levi’s n’est évidemment pas la seule entreprise à proposer de tels « avantages ». General Electric Appliances, Visa, Nvidia, Salesforce ou Snap font également partie des organisations qui misent dessus – et toutes font appel à la même startup pour s’en charger : Color Genomics. Cette entreprise est pleine de bonnes intentions, on n’en doute pas. N’empêche qu’elle partage les données de celles et ceux qui se font tester avec l’employeur, mais aussi avec un bon paquet d’entreprises externes, « qui doivent légalement garantir la protection des informations que nous partageons avec elles ». Moui.

En France, impossible d’imaginer un tel dispositif. Tout d’abord, parce que ce type d’analyses est illégal en l’absence de prescription médicale – il faudrait donc qu’un médecin s’immisce dans le procédé, et non pas que l’entreprise fasse ce choix seule. Ensuite, parce qu’on imagine difficilement accepter l’idée que ses données de santé se baladent dans la nature.

Gizmodo rappelle que partager son code génétique revient à donner ce que l’on a de plus intime – mais aussi à partager des données sur les gens avec qui nous sommes liés – et que les conséquences peuvent être lourdes.

Ainsi, si vos données sont partagées avec une assurance santé, cela pourra impacter la façon dont vous êtes protégé ; si c’est votre futur employeur qui y a accès, elles pourraient constituer un facteur discriminant.

Bien entendu, chaque personne qui s’exprime sur le sujet – labo ou patron – semble œuvrer pour le bien-être des employés. Mais dans un contexte très particulier : celui de la course à la rentabilité.

La promesse est peut-être alléchante sur le papier mais il vaut mieux se contenter de chèques vacances.

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