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La révolution cérébrale est en marche

Le 29 nov. 2013

Le droit de choisir ce qu’on veut apprendre et ce, dès l’enfance... Est-ce pour vous une idée banale, irrationnelle, ou une révolution nécessaire des mentalités ? Et si l’apprentissage actif à tout âge nous rendait plus créatifs et brillants ? Par Nesem Ertan.

Un nombre progressif de jeunes opte aujourd’hui davantage pour des aventures les menant à devenir des « self-made » au lieu d’investir leurs temps dans de longues études. On retrouve bien sûr, dans ces cas de figure, les enfants ayant les moyens de donner vie à leurs projets, mais aussi ceux dont les ambitions exceptionnelles sont capables de les sauver de leurs misères. C’est ainsi que naissent les petits et grands influenceurs de nos jours.

Les attentes de cette génération « indépendante » ne sont alors naturellement pas les mêmes que celles de leur parents, et de surcroît, lorsqu’il s’agit des systèmes éducatifs et professionnels. Ils semblent plutôt préférer créer et programmer les systèmes dans lesquels ils choisissent d’évoluer. L’école tente pourtant encore aujourd’hui de remplir toutes les têtes avec les mêmes informations sans offrir suffisamment la possibilité de sélectionner les cours, en fonctions des talents et passions de chacun. Alors qu’on nous éduque tous de la même façon, les entreprises, elles, cherchent assez contradictoirement des « perles rares » sachant marquer leurs différences.

A l’ère de l’extrême personnalisation, où même les marques nous approchent en one to one, l’homme ne peut encore se permettre ce même rapport à ses expériences d’apprentissage. L’heure est venue de libérer nos cerveaux.

Le dernier article du Wired Magazine nous conte l’histoire d’un jeune professeur vivant dans une ville défavorisée du Mexique. Il a su révéler des génies dans sa classe en s’inspirant des méthodes d’éducation innovantes développées par des chercheurs de notre génération..  Internet a volé à son secours alors qu’il s’inquiétait du peu d’espoir de réussite qui était offert à ces enfants.

Ces techniques consistent avant tout à encourager les individus à prendre le contrôle de leur apprentissage, en cherchant des solutions qui sont, non pas livrées, mais expérimentées et discutées. Les enfants réfléchissent aux différentes questions mathématiques, ils émettent des hypothèses, procèdent en « test & learn », discutent entre eux et évaluent les réponses. Ils travaillent l’histoire avec du storytelling et jouent avec la grammaire...

Mais surtout, ils sont actifs ! Ils sont les personnages principaux de ces sessions.

Sugata Mitra figure parmi les noms ayant ouvert les yeux de ce professeur mexicain ( voir  Vidéo Ted). Il propose une nouvelle forme d’organisation : les Self Organized Learning Environments (SOLE). A l’instar d’un grand nombre de chercheurs visionnaires, Mitra est en train de contribuer à créer l’avenir de l’Ecole en la libérant et en « cassant les murs » d’un système beaucoup trop Top Down.

Pour lui, « le savoir est obsolète »... Les examens que l’on nous impose pour vérifier notre compréhension et notre mémorisation, envoient des signaux de menace à nos cerveaux qui, sous l’effet de l’instinct de survie, inhibent une grande partie de nos capacités intellectuelles. Mitra, lui, nous indique le chemin vers le plaisir de l’auto-apprentissage collaboratif, celui des aventures intellectuelles guidées par de grandes questions, avec l’aide non pas de professeurs, mais de mentors et de coachs. Ou encore ce qu’il aime appeler des Grands-mères (Granny), qui sont là non pas pour donner des réponses mais pour poser des questions et s’émerveiller devant les capacités de l’étudiant.

 

Nous devons oser les « frictions » et autoriser nos cerveaux à faire le choix de sa propre « nourriture ».  Ce n’est pas une coïncidence si nous voyons fleurir de tout part des « labs de ci », des « labs de ça », des « factory »… encore des buzz words ?  Sans doute, mais la notion de laboratoire n’est pas anodine.

Peut-être pouvons-nous déjà commencer par nous poser quelques questions. Que peuvent nous inspirer ces agitateurs ? Et les résultats des études scientifiques prouvant l’efficacité accrue de l’homme en situation d’apprentissage autonome (lien) ? Et les écoles comme le Brooklyn Free School (lien) ou encore Quest To Learn (lien) ?

Quels learnings les agences de communication, de design, de création... peuvent-elles en tirer ? Doit-on continuer à enfermer les « créatifs » entre quatre murs, le nez collé sur un bout de brief en espérant que leurs génies nous émerveillent deux jours plus tard ? Là encore, le Top Down des demandes-client, l’enfermement des bureaux et l’examen de « la prez » ne font qu’amoindrir les capacités de ces talents que nos RH chassent pour nous.

Même Einstein nous montre l’exemple puisque c’est dans une école respectant ce courant de pensée expérimental qu’il aurait eu l’idée de commencer ses expériences sur la théorie de la relativité : Einstein spent a year at a Pestalozzi-inspired school in the mid-1890s, and he later credited it with giving him the freedom to begin his first thought experiments on the theory of relativity. Google founders Larry Page and Sergey Brin similarly claim that their Montessori schooling imbued them with a spirit of independence and creativity.” (source : Wired)

Ces approches dérangent et animent les sceptiques car la crainte du chaos et du chômage nous terrorise au quotidien, or nous devons avoir foi en l’auto-organisation de l’intelligence humaine et laisser les génies se développer, s’épanouir et frictionner.

Les nouveaux comportements génèrent souvent des destructions créatrices bien qu’on commence toujours par lutter contre elles. Notre génération aime télécharger des contenus gratuitement, être connectée partout, prendre des selfies, imprimer des trucs en 3D, remettre en question tout ce qu’on lui dit de faire… et surtout, elle aime faire des expériences et réfléchir par elle-même.

So let’s deal with it… and make the best of it !

 

 

Nesem Ertan

Communication Planner

@nesemertan

 

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