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Chromecast : le futur de la TV dans le creux de la main

Le 4 juin 2014

Lancée en France en mars, la clé Chromecast de Google fait beaucoup parler d’elle. Mais ce petit accessoire à 35 euros va-t-il réellement introduire une nouvelle génération d’expériences dans notre salon ? Analyse d'Albert Lai.

Chromecast offre la possibilité d’accéder aux applications et à la vidéo en ligne directement sur son écran principal, la télévision. Cette clé ultra-portable se branche sur un port HDMI, et transforme n’importe quelle télévision en TV connectée en permettant à l’utilisateur d’y diffuser un flux vidéo en provenance de son ordinateur ou de son smartphone, via une connexion wi-fi.

 En concurrence frontale avec d’autres appareils, comme l’Apple TV et la clé de Roku, Chromecast propose une manière simple et abordable de visionner des contenus vidéo en ligne sur sa télévision. Il permet aux utilisateurs d’envoyer des vidéos ou des onglets entiers du navigateur Chrome vers l’écran de télévision, et les applications disponibles à ce jour incluent majoritairement de la vidéo, avec notamment Canal Play, YouTube, ou encore le service de rattrapage Pluzz proposé par France Télévisions.

Alors, la clé Chromecast mérite-t-elle de fasciner autant les médias et les utilisateurs ?

 

Une plate-forme ouverte pour davantage de possibilités

 

Les Français regardent la télévision en direct ou en différé 3h46 par jour en moyenne, et lorsqu’il s’agit de rendre populaires les contenus audiovisuels, la télévision reste le média le plus sûr. Fait intéressant cependant, sur 68% des foyers possédant un téléviseur connecté à Internet, plus de la moitié (59%) utilise une TV connectée via la box ADSL, et seulement 9% ont un poste de télévision directement connectable à Internet (source). Cela suggère que de nombreux consommateurs préfèrent garder leurs téléviseurs « isolés ». Mais, une chose semble claire pour les éditeurs de contenus lorsqu’ils choisissent où investir leur budget : la plupart des téléspectateurs équipés de tablettes, smartphones ou ordinateur les utilisent devant leur télévision pour optimiser leur expérience télévisuelle, et les multiples écrans connectés  sont tout à fait à leur place dans le salon.

Le mobile a prouvé sa capacité à être utilisé de manière personnalisée et engageante– notamment en matière de recherche et de découverte des contenus –, mais la télévision représentera toujours l’expérience de visionnage optimale, grâce à son écran de plus grande taille et sa meilleure résolution. C’est pour cela que les perspectives de synchronisation entre les différents écrans attirent Google et Apple, ce dernier misant sur AirPlay et son boîtier Apple TV.

 

En plaçant le mobile au cœur de l’expérience télévisuelle, Apple et Google reconnaissent l’émergence d’un nouveau modèle de visionnage dans lequel les utilisateurs orchestrent leur expérience à partir de leur appareil personnel, et profitent du contenu sur un plus grand écran.

 

Mais Google semble aller encore plus loin dans cette démarche. Il a récemment ouvert Chromecast aux développeurs tiers, élargissant ainsi la portée du dispositif à la diffusion de vidéo à partir de nouvelles sources. Désormais, n’importe quel éditeur peut créer une application grâce au kit de développement du logiciel Chromecast (SDK), et amener son contenu sur l’écran de télévision.

 En quoi est-ce important ? Tout simplement parce que cela offre aux éditeurs de contenu la possibilité d’élargir la distribution de leurs programmes et de capitaliser sur la croissance de la clé Chromecast, qui a déjà reçu un accueil enthousiaste en France.

 Non seulement cet accessoire se vend à une fraction du prix de l’Apple TV, mais c’est également une plate-forme ouverte prenant en charge iOS, Android et les fonctionnalités de Chrome, ce qui convient parfaitement aux éditeurs de contenu désireux d’atteindre les consommateurs sur tous les écrans – offrant une expérience décomplexée sur grand écran, sans se ruiner.

 

Chromecast ouvre la voie à la télévision personnelle

 

Pour être adopté par les éditeurs à long terme, Chromecast doit les accompagner dans leur démarche de monétisation. Heureusement, la technologie  adéquate existe déjà. Elle est capable de s’intégrer à l’écosystème Chromecast afin de fournir aux éditeurs les moyens de diffuser un contenu de qualité télévisuelle intégrant la publicité. Elle leur permet de proposer une expérience confortable, linéaire, pouvant être personnalisée et adaptée  pour apporter à chaque téléspectateur sa programmation unique.

 Et à mesure que nous avançons vers un monde de « Me TV » - une télévision de plus en plus personnalisée, offrant une expérience télévisuelle ciblée –  aussi bien pour les vidéos en direct qu’à la demande, cette capacité des éditeurs à fournir des flux personnalisés et à cibler les consommateurs avec des contenus et des publicités au niveau individuel sera décisive.

Le point fondamental dans cette approche, c’est que les expériences rattachées au contenu sont une affaire de synchronisation,  et non une alternance binaire entre télévision et mobile.  La télévision de demain proposera une expérience unifiée aux utilisateurs, maximisant la consommation, la découverte, la monétisation et l’engagement.

L’ouverture de Chromecast aux développements tiers est une étape importante dans cette direction. Mais pour véritablement profiter sur le long terme des bénéfices de cette avancée, les éditeurs doivent rester souples et réceptifs à l’évolution des comportements des consommateurs. En effet, ce sont leurs demandes et leurs attentes qui définiront l’évolution des pratiques dans les années à venir.

 

Albert Lai

Albert Lai est CTO, Media & Broadcast Solutions chez Brightcove

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