Richard, de la série Silicon Valley, en train d'avoir une conversation téléphonique compliquée

Non, quitter un job barbant dans une grosse boîte pour lancer sa startup n’est pas toujours une bonne idée

Le 13 juill. 2018

C'est vrai qu'il est joli le mythe de l’entrepreneur passionné qui quitte tout pour vivre de sa brillante idée… Mais la réalité est loin d’être aussi aisée que ce que laissent penser les success stories de la Silicon Valley.

Avant de lancer son propre business, Ali Mese travaillait pour une grosse entreprise de conseil internationale. Gros salaires, mais aussi gros horaires et fichiers Excel à répétition : son quotidien le lasse. À tel point qu’il décide de tout plaquer pour se lancer.

« Papa, Maman, je quitte mon job et je lance ma startup »

Sur la plateforme Medium, il partage son expérience. Il y dévoile, sans filtre, la réalité de son parcours. Loin du bling bling auquel nous habitue parfois la Silicon Valley, on découvre les galères, la solitude, et les doutes.

Tout commence par un SMS à sa famille. « Papa, Maman, je viens de quitter mon job. J’ai envie de lancer ma startup ». Résultat : panique, angoisse et incompréhension. « Ce n’était pas ce que ma perfectionniste de mère voulait entendre après m’avoir encouragé à faire les meilleures écoles de commerce du monde », confie Ali Mese.

Pourtant les arguments ne manquent pas. À l’époque, Ali Mese ne dort que 3h par nuit, n’a pas le temps de voir sa copine, ni de dépenser son argent dûment gagné. Mais pour ses parents qui ont toujours travaillé pour le gouvernement, le choix est saugrenu.

Alors, comment ça avance, ta boîte ?

Très vite, Ali Mese se rend compte qu’il coupe les ponts avec ses amis. Pas parce qu’il ne les aime plus, mais parce qu’il n’a pas grand-chose à leur raconter. Aux questions sur la croissance de son entreprise s’ajoutent les encouragements déplacés. « Mec, on est tellement fiers de toi ! », « Tu es le prochain Zuckerberg, pas vrai ? ».

Pas évident, quand on n’a pas beaucoup d’actualités à partager. « Lancer une startup est un long voyage, et je me mettais une pression d’enfer à écouter tout ce que les gens pensaient ».

En conséquence, il évite de sortir et s’enferme dans une routine solitaire. « Je ne progressais pas aussi vite que mes amis l’imaginaient, et j’étais fatigué d’expliquer que construire un succès comme Facebook ou Twitter prenait des années ».

Autre source de stress : l’argent. Au fur et à mesure que son projet se construit, les ressources d’Ali Mese s’amenuisent. « Ça tuait ma productivité et ma capacité à prendre des décisions ».

Aujourd’hui, il a trouvé un équilibre – pas en étant un entrepreneur millionnaire, mais un freelance épanoui. « Ça me permet de voyager et de travailler de n’importe où, tant qu’il y a du WiFi ».

Les cinq questions à se poser avant de se lancer

Son article n’a pas vocation à décourager celles et ceux qui voudraient se lancer. Mais il tient à mettre les choses au clair : créer sa boîte demande du temps et de l’argent. C’est pourquoi il donne une liste de 5 questions à se poser avant de se lancer :

  1. Êtes-vous prêt à assumer la pression sociale ? Si vos amis et votre famille ne sont pas eux-mêmes entrepreneurs, ils risquent de ne pas comprendre ce que vous faites. La pression n’en sera que plus importante. Le risque, c’est de se retrouver à trimer plus que de raison pour obtenir des résultats, vite.
  2. Si vous n’êtes pas célibataires, votre partenaire est-il à fond à vos côtés ? Ali Mese explique que de nombreuses personnes se séparent de leur partenaire lorsqu’elles lancent leur entreprise. Cela est dû, selon lui, au fait que les entrepreneurs et entrepreneuses ont l’esprit constamment occupé par leur business.
  3. Avez-vous assez d’argent pour tenir au moins un an ? C’est bien, mais pour être encore plus tranquille, mieux vaut pouvoir tenir trois ans – « vos économies vont disparaître bien plus rapidement que vous ne le pensiez ».
  4. Êtes-vous prêt à ne dormir que quelques heures par nuit ? Entre les insomnies liées à l’excitation, aux angoisses, et les énormes doses de travail… les heures de sommeil ne sont pas nombreuses au compteur !
  5. Quelle est votre définition du succès ? Il s’agit d’établir ses priorités : argent ou vie équilibrée. En fonction de cela, le voyage entrepreneurial ne sera pas le même.
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