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Le mot du jour, c’est « BAME ». Et il fait débat !

Le 21 juin 2018

La diversité est un sujet tellement vaste qu’il est difficile de savoir de qui ou de quoi on parle... Pour éviter de s’y perdre, les Anglais ont inventé un acronyme pour parler des minorités ethniques. Mais ça pose problème.

BAME - Black, Asian & other Minority Ethnic. C’est le mot du jour à retenir, et il est made in Britain. Nos voisins d’Outre-Manche l’utilisent depuis quelques années pour parler des minorités ethniques. Certains l’adorent, d’autres veulent à tout prix le voir disparaître.

A l’origine, il est surtout utilisé par les experts pour « auditer » le niveau de diversité d’une entreprise – avec, en général, l’objectif de l’améliorer. Ainsi, Suki Sandhu, CEO et fondateur d’Involve, revendique l’utilisation du terme. « Quand j’entre dans une pièce, les gens voient que je fais partie d’une minorité ethnique. Être un BAME permet de mettre en avant nos différences, mais aussi de pointer du doigt le manque de diversité. Je pense que nous devons comprendre les bénéfices d’utiliser des termes précis pour parler de ce sujet. Ils nous aident à nous positionner, à devenir des modèles. L’impact peut être énorme pour les générations futures ». C’est aussi l’opinion de Shakil Butt, consultant chez HR Hero for Hire. « Ma couleur de peau ne me définit pas, ne me limite pas – mais elle fait partie de mon identité. Malheureusement, sur le lieu de travail, elle est un facteur qui peut me limiter (…). Tant qu’il y aura du racisme, il est important de créer des étiquettes. Ça permet de discuter du sujet. Évidemment, « BAME » ne peut pas représenter tout le monde : nous ne sommes pas un groupe homogène. Mais c’est important que les gens qui rencontrent les mêmes difficultés se rassemblent sous une bannière de ralliement ».

Un avis qu’est loin de partager la politicienne Priti Patel. Pour elle, l’acronyme n’est pas nécessaire, « insultant », et « condescendant ». Dans une interview accordée à la radio britannique, elle expliquait que parler de « BAME » était contre-productif. « Tout le monde veut être reconnu pour ses mérites personnels », a-t-elle expliqué. « Je n’aime pas l’idée de coller des étiquettes aux gens (…). Je suis Britannique ». Même son de cloche du côté de l’écrivain Trevor Phillips, qui, de son côté, qualifie l’expression de datée. Pour lui, ce n’est qu’un moyen de « démêler le méli-mélo d’êtres humains qui n’ont en commun qu’une seule caractéristique – celle de ne pas avoir la peau blanche ». Résultat, l’acronyme créerait selon lui de nouvelles barrières et servirait à masquer les discriminations dont souffrent certains groupes ethniques et culturels en particulier.
Le sujet de la diversité ethnique est particulièrement visible dans les pays anglo-saxons (en France, il est interdit de faire des études ou des sondages faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines « raciales » ou ethniques ainsi que les appartenances religieuses des personnes). Récemment, c’est la BBC qui a exprimé le besoin de diversifier son management d’ici 2020. Il faut dire que le sujet anime le Groupe depuis 2001 : le directeur général de l’époque, Greg Dyke, avait qualifié l’entreprise d’« hideusement blanche »...
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