Tiens... Google veut rendre du temps de cerveau à ses utilisateurs !

Le 11 mai 2018

Petite leçon de com' de crise, ou comment Google sait souffler dans le sens du vent pour nous assurer qu'il nous veut du bien.

En ce joli mois de mai, lors de la conférence annuelle Google I/O, le sémillant Sundar Pichai, impeccable dans une veste rétro futuriste à col Mao, a ouvert son intervention par une petite blague. Un jet d'acide déguisé en émoticône histoire de se désolidariser des deux losers de l'année - Facebook et Twitter - qui ont réussi la prouesse de ternir en quelques mois l'image des flamboyants géants de la tech. Le premier pour avoir fourni le terrain de jeu au plus gros hack démocratique, le second pour avoir laissé flotter dans le cyber espace les mots de passe de ses utilisateurs.

Mais Sundar le reconnait. Pour lui non plus, tout n'a pas été facile. Il en appelle à son plus funeste bug de ces derniers mois : cette douloureuse histoire d'emoji burger. Souvenons-nous.

L'image avait été créée dans une version 1 avec une tranche de fromage posée sous le steak, en contact direct avec le pain. Or, horreur, malheur, quel américain ignore que le fromage doit IMPERATIVEMENT être placé entre la salade et la viande ? L'ire immédiate des internautes avait obligé Google à rectifier l'émoticône fissa...

LOL.

Mais prétendre que ceci est le seul caillou dans la chaussure du géant, serait aller un peu vite en besogne. Les prises de parole d'un de ses anciens designers ont lancé l'alerte. Avec la création de son "Center for Human Technology", Tristan Harris a commencé à convaincre les internautes que le principal objectif de Google ne consiste pas à ne pas être méchant (comme son slogan "Don't be evil" le laisse imaginer)... mais, beaucoup plus prosaïquement, à happer notre temps de cerveau disponible.

Le PDG de la firme a certainement compris la menace de telles allégations. Il admet. "Il y a une pression croissante (qui pousse) à répondre immédiatement" à toutes les sollicitations venues de son téléphone, mais "nous avons l'occasion de faire mieux" et de passer de "la peur de manquer quelque chose" à "la joie de manquer quelque chose", a-t-il assuré. Et d'annoncer : "Nous voulons rendre du temps aux utilisateurs."

Comment ? Grâce à la nouvelle version d'Android dans laquelle une série de fonctionnalités permettront à nos smartphones d'indiquer le temps passé sur nos différentes applications, le nombre de notifications envoyées quotidiennement par chacune d'entre elles, et de programmer des limites à notre connexion.

Certes, tout cela ne pèse pas lourd dans le flux des annonces faites au Google I/O.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Ces initiatives prouvent une chose réjouissante. Quand les internautes s'irritent, les GAFAM sont comme les autres... ils ont tout intérêt à les écouter.

Et sur ce coup-là, l'enjeu compte plus qu'une simple tranche de cheddar dans un hamburger.

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