Il va falloir créer des services après-bourde…

Il va falloir créer des services après-bourde…

« Les médias américains ont subi la débâcle la plus humiliante de toute leur histoire. » Le titre est de Glenn Greenwald, le journaliste star des révélations Snowden, dans un article qu’il signe dans The Intercept. L’affaire dont il est question ici concerne CNN. Dans la matinée du 8 décembre, la chaîne diffusait à grand renfort de plateau « Breaking News » qu’elle était en mesure de révéler un lien formel entre le président Donald Trump, Wikileaks, et par extension, le Kremlin… L’info était énorme mais reposait sur une preuve ténue : un e-mail reçu par l’actuel président quelques jours avant la diffusion publique des e-mails hackés du parti démocrate. Hélas, trois fois hélas… les journalistes de la chaîne s’étaient empêtrés dans les dates. L’e-mail en question n’était pas daté du 4 mais du 14 septembre, ce qui inversait radicalement les conclusions à en tirer. Si Donald Trump a bel et bien reçu le dossier des e-mails des démocrates… ce ne fut qu’après leurs révélations. Il aura fallu plusieurs heures de commentaires d’experts et d’analyses à chaud pour que la gaffe soit enfin constatée. On imagine la panique à la rédaction. Dans son article, Glenn Greenwald dénonce moins l’erreur grossière que le silence qui a suivi sa découverte. Et son interpellation est juste, et peut concerner tous les métiers. Dans un climat qui pousse à la rapidité, au superlatif, à la punchline, au « on tire d’abord, on réfléchit après »… tout nous pousse à la faute, et la débâcle de CNN a de grandes chances de se reproduire ailleurs et souvent. Nous faut-t-il alors créer des process après-bourde ? Très possiblement ! Et vite, parce que ça, pour le coup, vraiment ça urge.