« Addiction Marketing » : the new game

« Addiction Marketing » : the new game

Leçon ! Il faut reconnaître qu’en matière de cynisme et d’efficacité, le marketing du gaming ne tortille pas. Il envoie du lourd. Du très lourd. Illustration avec le nouvel opus « Star Wars Battelfront II » édité par Electronic Arts. Côté visuel rien à dire. Le jeu est juste MA-GNI-FI-QUE. Côté monétisation par contre, il passe encore un cran dans le game du « attaque les failles de ton user, et presse-le comme un citron ». Le principe n’est pas nouveau : vous vendez votre jeu, cher, et puis après vous continuez à faire payer par vagues successives de petites sommes : quelques dollars par-ci pour débloquer une situation, quelques dollars par-là pour ajouter de la puissance… Jusque là, l’industrie du jeu s’était contentée d’améliorer la vieille recette des options pratiquée par l’industrie automobile entre autres. Mais Electronic Arts veut aller plus loin. Par un système habile et furieusement complexe de cartes, l’éditeur propose l’accès progressif aux personnages et aux fonctionnalités du jeu. Vous voudriez jouer avec Dark Vador ou Luke Skywalker ? No problemo les gars… faut juste ajouter un petit billet. Un peu comme si on vous vendait une Lamborghini bridée à 40 km/heure, et que pour passer au-delà de la seconde il vous fallait remettre au pot. Mais les vendeurs de jeux ne sont pas des voyous… bien sûr que vous pouvez obtenir tout gratis. Il faut juste vous montrer bien motivé, et consacrer au jeu 4 508 heures de votre temps… Sinon, on n’est pas des chiens, vous pouvez choisir de débourser jusqu’à 2 100 dollars. Pas d’un coup bien sûr, par petites tranches, à votre rythme, sans vous en rendre compte. Une arnaque ? Non. Juste un système bien huilé d’addiction. Contrairement à ce que pense Thierry Ardisson, les gamers ne sont pas des bulots, et ils ont parfaitement compris la manœuvre. Sur le site d’agrégateur de notes mondial metacritic, si la presse affiche un score relativement confortable de 75/100, les joueurs accordent au jeu la note sans concession de 0,9/10. Evidemment, pour mesurer si Electronic Arts a gagné ou perdu la partie, il faudra attendre la réaction de la masse des gogos de Noël – moins aguerris – et galvanisés par l’épisode 8 de Star Wars dont la sortie est programmée juste avant les fêtes, le 13 décembre. Les Derniers Jedi devraient leur apprendre les secrets de la Force… celle-là même qui est censée permettre de résister à l’appel de l’Empire. Bon ben… bon courage petit Padawan… « Star Wars Battelfront II » sera ton premier exercice pratique. Sauras-tu ne pas basculer du côté obscur d’un marketing qui te fait payer cher, très cher, tes propres addictions ?