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Wingly - PORTRAIT DE STARTUP

Wingly - PORTRAIT DE STARTUP

Wingly entend démocratiser l’aviation légère en proposant un service de co-avionnage : un « BlaBlaCar du ciel » avec le vent en poupe, alors que le gouvernement tente de lui couper les ailes… Wingly, victime de son succès ? ITW d’Emeric de Waziers, co-fondateur.

Wingly est une plate-forme de mise en relation entre pilote et passager(s) ayant pour but de faciliter la pratique du co-avionnage. Basé sur le modèle du co-voiturage, mais adapté pour l'aviation légère, ce service permet de partager les coûts et de rendre accessible l’aviation légère à tous. Aux manettes de la startup Bertrand Joab-Cornu, Emeric de Waziers et Lars Klein, respectivement ingénieur aéronautique Supaéro et Polytechnique, Polytechnicien et pilote de formation, et web développeur. Ils se rassemblent autour de la même passion, l’aviation, et lancent Wingly en 2014.

 

« Aujourd’hui les pilotes doivent effectuer un minimum d’heures tous les ans pour conserver leur expérience, mais cette activité reste assez chère. Wingly leur donne l’opportunité de voler autant qu’ils le souhaitent en réduisant les coûts. Nous avons commencé à travailler à plein temps sur le projet en avril 2015 et nous l’avons lancé le 9 juillet », souligne Emeric de Waziers.

 

Wingly s’adresse à plusieurs cibles : d’un côté les pilotes privés, de loisir, ou qui souhaitent en faire une carrière et donc doivent effectuer des heures de vol. Tous ont souvent des places libres dont ils pourraient faire profiter autrui. « Le fonctionnement ressemble beaucoup à celui de BlaBlaCar : le conducteur propose les sièges vides dont il dispose aux passagers qui effectuent le même trajet ; de l’autre côté, les passagers accèdent aux annonces sur le site et effectuent leur réservation si un vol les intéresse. En France, le prix moyen d’une heure de vol est de 150 euros : ce tarif sera donc divisé par le nombre de places dans l’avion », précise Emeric de Waziers. Le prix de la place est fixe, par souci de transparence envers le passager. Ainsi, s’il y a 3 places disponibles sur un vol à 150 euros, le passager payera 50 euros maximum et même si les autres places ne sont pas réservées : au pilote de payer le reste du vol. « Souvent le pilote a prévu de faire ce vol, donc si des gens montent à bord ce n’est que bénéfice pour lui », déclare Emeric de Waziers.

 

En seulement deux mois, le site pouvait se vanter de compter 5 000 utilisateurs inscrits, dont 900 pilotes qui ont proposé plus de 500 vols. Un succès fulgurant mais qui a été stoppé en plein vol : Wingly doit faire face aujourd’hui à une lever de boucliers en France de certains lobbies de l'aviation, notamment l'Union Syndicale du Personnel Naviguant Technique (USPNT). Dans une lettre adressée à Ségolène Royal, la Ministre de l'Environnement et des Transports, l'USPNT accuse ainsi les plate-formes de co-avionnage de « pratiques illégales ». L’activité  de Wingly est donc menacée d’interdiction. La DGAC, Direction Générale de l’Aviation Civile,  se pose des questions de concurrence déloyale face aux compagnies aériennes. « Suite à un courrier d’un syndicat de pilotes commerciaux, la DGAC s’est penchée sur notre activité et l’a déclarée illégale ce qui est totalement faux : les pilotes ont le droit de partager les frais. Nous ne sommes pas les seuls dans la ligne de mire de la DGAC, deux autres sociétés sont également menacées, dont une qui a déjà arrêté l’activité. Notre activité n’est pas arrêtée, le site est toujours actif mais la DGAC nous met tous les bâtons dans les roues alors qu’aucune réglementation n’interdit le co-avionnage. On va donc s’opposer à leur décision. », déclare Emeric de Waziers. « Il n'est pas question d’UberPop ici comme le mentionnait l’USPNT puisque les pilotes ne peuvent effectuer aucun bénéfice et paient leur place à bord. Wingly se rapproche donc plus dans son fonctionnement de Blablacar.»

 

Wingly avait lancé un processus de levée de fonds en septembre, mais a dû l’arrêter suite à ce litige avec la DGAC qui rend les choses trop incertaines. La DGAC estime qu’un pilote d’aviation légère qui partage ses frais de vol effectue un acte commercial. Elle requiert des pilotes une licence spéciale dont l’examen coûte 23 000 euros. « À  titre de comparaison, cela équivaudrait à exiger des conducteurs de Blablacar une licence de taxi ou à imposer un diplôme d’hôtelier-restaurateur aux membres d’Airbnb. La DGAC souhaite également imposer aux startups du co-avionnage de posséder un Certificat de Transporteur Aérien. Ce certificat s’obtient après plusieurs années de dispendieuses démarches administratives. Cette certification est dédiée aux compagnies aériennes qui exploitent des avions alors que nous ne sommes qu’un site de mise en relation entre pilotes et passagers. Nos pilotes ne réalisent pas de bénéfices. », soutient Emeric de Waziers.

Ironie du sort, la startup a le feu vert de la DGAC allemande ; soutenus par des business angels, des investisseurs actifs, il est possible que l’équipe soit amenée à déplacer la société en Allemagne. Tout en continuant à proposer son service en France...

 

 

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