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WhatsApp, WeChat : menaces pour Facebook ?

WhatsApp, WeChat : menaces pour Facebook ?

Qu'elles s'appellent WhatsApp, WeChat, Snapchat, Line ou bien encore Pinger ou Kakao, les applications mobiles basées sur un principe de messagerie instantanée semi-privée ont le vent en poupe. Par Cédric Deniaud.

Vous me direz que vu d'un oeil extérieur, ces applications ne semblent pas très innovantes et semblent être juste une adaptation moderne des applications comme MSN Messenger ou bien encore ICQ, pour les plus anciens d'entre vous. Une approche en partie vraie mais néanmoins incomplète.

Rien que quelques chiffres pour que vous ayez à l'esprit une idée du phénomène :

WhatsApp compte plus de 350 millions d'utilisateurs actifs, soit plus que Twitter qui n'en compterait que 220 millions (ce qui, entre parenthèse, ne semble pas être une considération prise en compte par les investisseurs lors de l'entrée en Bourse de Twitter, qui a vu son titre s'envoler dès son introduction).

WeChat, présenté comme l'équivalent Chinois de WhatsApp et qui, pour rappel, appartient à un important groupe Chinois (Tencent, ce géant de l'Internet Chinois que vous ne connaissez pas encore) compte plus de 80 millions d'inscrits en dehors de la Chine.

Les opérateurs mobiles estimeraient avoir perdu 23 milliards de dollars en 2012 au titre que les jeunes populations enverraient moins de SMS et préféreraient communiquer via ses applications mobiles gratuites.

90% de la population internaute brésilienne et 75% des internautes Russes utiliseraient à minima une application mobile de messagerie instantanée, ce qui prouve que le phénomène ne concerne pas que les populations d'Inde, du Japon, de Chine ou d'Asie du Sud-Est.

WhatsApp serait installé sur plus de 95% des smartphones connectés à Internet... en Espagne.

Je pourrai continuer à égrainer les chiffres : ceux-là me paraissent suffisamment marquants. J'aurai également pu vous parler de SnapChat que j'avais déjà eu l'occasion de présenter en détail dans Snapchat, le réseau social, centré sur le partage de photos, qui monte. Même si aucun n'atteint la population de 1.2 milliard d'internautes, nombre d'utilisateurs inscrits sur Facebook, il n'en demeure pas moins qu'ils représentent l'un des principaux phénomènes sur Internet sur les 2 dernières années.

Les clés du succès sont multiples, j'en retiendrai ici cinq qui me paraissent essentielles.

Une solidité financière pour certaines d'entre elles et une émergence sur un marché où Facebook n'est que faiblement implanté. Je pense bien évidemment ici à WeChat que l'on prend comme exemple de ce phénomène et de cette montée en puissance. WeChat appartient à Tencent (à qui appartient déjà le réseau social Chinois QQ) et n'a donc pas de contrainte financière pour assurer son développement.

Une volonté rapide d'investir les marchés mâtures.  Line, en septembre dernier, a officiellement lancé sa présence en France. Line est un service Japonais, qui a connu son succès grâce à une catastrophe mondiale, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui a alors touché une partie de l'approvisionnement électrique du pays et également du réseau mobile. Line s'est alors présenté comme une alternative, dans une situation catastrophique, pour pouvoir communiquer avec ses proches. Si Line s'est lancé en 2011, il aura donc fallu atteindre moins de 3 ans pour que le service vienne s'implanter chez nous, soit moins de temps que Facebook, Twitter, ou bien encore Pinterest.

Des atermoiements des géants du Web dont Facebook sur la confidentialité des informations partagées par les internautes. Certains services comme SnapChat offrent une duré de vie de l'ordre de quelques secondes seulement aux photos que vous partagez avec vos amis sur ce service. Pas de crainte de les voir ressurgir ou de se voir taguer, et donc une plus grande confiance numérique dans le support.

Tout part des adolescents. Facebook apparaît pour nombre de jeunes comme un service de moins en moins cool. Il est vrai que Facebook pour assurer sa croissance a dû draguer des populations plus âgées qui font ressentir à des populations plus jeunes que le lieu digital le plus cool n'est peut être pas Facebook.

Des services d'abord pensés pour le mobile. Même si Facebook depuis quelques mois se définit comme une société opérant dans le mobile, on sait que l'histoire de Facebook a d'abord débuté sur le Web non mobile. La version mobile de Facebook continue encore largement à n'être qu'une version simplifiée (certains diront dégradée) d'un service Web extrêmement riche en termes de fonctionnalités. WhatsApp, WeChat, SnapChat à l'instar de Instagram pour la photo ne sont pas des services Web mais bien des applications mobiles dont toute la philosophie et les fonctionnalités sont pensées pour cet usage. Le parti-pris est donc celui de service simple, intuitif intégrant une dose de ludique, bien loin de l'approche généraliste et riche de Facebook.

 

Mais que fait Facebook?

Dur d'imaginer Facebook, et dans une moindre mesure Google, passer à côté de cette vague. Malheureusement pour eux dans les faits c'est bien le cas.

Facebook a frappé fort sur le mobile en rachetant, en avril 2012, Instagram qui était alors l'application mobile dont tout le monde commençait à parler. Il a fallu pour Facebook mettre une somme conséquente de près de 800 millions de dollars pour envoyer un signal fort au marché (et notamment aux investisseurs et concurrents) et éviter de reproduire l'erreur Twitter (à ses débuts, Twitter a failli être racheté par Facebook, qui n'avait alors pas voulu mettre une somme suffisamment importante pour séduire les fondateurs de l'oiseau bleu). C'est seulement plus de 18 mois plus tard que Facebook peut enfin lancer les premières initiatives de monétisation du service, et rien ne garantit encore que cette monétisation ne fera pas fuir une partie des utilisateurs. Facebook avait voulu au début de cette année réussir le même coup en s'accaparant WhatsApp. WhatsApp ne comptait alors que 100 millions d'inscrits. Malheureusement pour des raisons inconnues, Facebook n'a pas réussi, à date, à faire céder l'application mobile; ni Google qui lui aussi se serait montré intéressé... à hauteur de 1 milliard de dollars (soit 10 Gareth Bale pour ceux qui raisonnent en monnaie footballistique).

 

Facebook a lancé, dans une relative discrétion il faut bien l'avouer, Facebook Poke. Ce service n'est qu'une version améliorée et ressemblante à WhatsApp basée sur vos amis Facebook et le module Facebook Chat. Clairement, un énorme flop sur lequel peu d'observateurs semblent vouloir s'attarder (Facebook non plus d'ailleurs).

 

Ces applications mobiles sont en train de vouloir étendre leur présence dans les usages mobiles des internautes, en allant plus loin que de simples applications de tchat en groupe privé. Elles offrent, pour certaines d'entre elles, maintenant des fonctionnalités de mini-jeu dont les mobinautes sont friands (il suffit de voir le nombre de personnes jouant à Candy Crush Saga, le matin dans votre rame de métro ou ligne de bus). La question demeure néanmoins, comme elle s'était posée à l'époque pour Facebook, d'arriver à fidéliser une population jeune par définition infidèle, voire à séduire une population mobinaute plus âgée. Une volonté de croissance finalement cause d'échec, à terme, de ces services qui se voient devenir aussi gros que le boeuf ? Peut-être ou peut-être pas. Je vous laisse prendre les paris !

 

 

Cédric Deniaud

Cédric est Associé chezThe Persuaders

www.cedricdeniaud.com
www.mediassociaux.fr
Twitter : @cdeniaud



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