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29 juillet 2014
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Welcome Home Mister President Obama: Enjeux et stratégies d'une communication 2.0

TRIBUNE

A l'approche des présidentielles en France et aux Etats-Unis, nous avions envie de faire la lumière sur les stratégies des campagnes de communication des politiciens. Cette première contribution est signée de Jon S. Maloy, responsable de la communication de Vanksen France.


Welcome home Mister President Obama: c’est par ces mots que Sheryl Sandberg, COO de Facebook a accueilli son Guest Speaker dans les locaux (très bleus) du réseau social.

En effet, jeudi dernier le candidat Obama a troqué son blason présidentiel le temps d’un débat pour un pull à capuche arborant (l’énigmatique) logo: « Facebook ». Dans le rôle de Maître de cérémonie : Mark Zuckerberg.  Si en 2008 il était élu Président des Etats-Unis et Champion incontesté du social media, où en est-il aujourd’hui ? A l’aube d’une nouvelle campagne le réseau a pratiquement doublé de taille, l’électeur ciblé a vieilli, le shinny object syndrom est il toujours à l’ordre du jour ?

 

 

« No poking »


Nous ne débattrons pas du fond de l’intervention du Président et candidat démocrate, néanmoins il est important de souligner la subtile allusion de Sheryl Sandberg: « Although we are on Facebook no poking tonight ». Traduisez: « Bien que nous soyons chez Facebook pas de poking ». Comprenez : Ce soir on ne titille pas le Président. Le ton était donné il fera écho toute la soirée à la teinte des murs. (Bleu …un peu tendre peut être).

 

 

 

Advertising ou lobbying


Si jeudi dernier l’un des deux protagonistes était clairement candidat à une nouvelle investiture, le second, lui, jure n’avoir besoin d’aucune publicité. N’a-t-’il pas près de 600 millions d’utilisateurs? De la pub peut-être pas mais de lobbying certainement. Le Wall Street Journal nous apprend qu’à la veille d’investir le marché Chinois et avec en trame de fond des révolutions de Jasmin et sa problématique de la liberté d’expression, Facebook aurait plus que jamais besoin de soutien institutionnel. S’ils admettent volontiers n’être qu’un acteur (mineur… n’en déplaise aux enthousiastes du « like » et du « status update ») des récents soubresauts démocratiques au Maghreb, ils sont aujourd’hui de plus en plus pointés du doigt par les différentes organisations, commissions et autres instances gouvernementales pour leur gestion des droits d’utilisateur.

Facebook ouvrira dans les prochaines semaines son bureau à Washington et une fois encore devra rattraper son retard pris vis-à-vis de l’éternel concurrent Google dans la course au lobbying (500 millions de $ / an pour le social network versus 5 Milliard / an pour le moteur de recherche).

 

 

 

 

Joe White nous explique comment FB a prévu d’assumer son rôle comme carrefour conversationnel autour du globe.

 

 

News vs News Feed

« Fish where the fish are … » une phrase entendue, débattue et rabattue lors de notre conférence M2C tenue le mois dernier à Paris et visiblement (bien) assimilée par les équipes de réélection du Candidat sortant. La cible cruciale des 18-29 ans se trouvant massivement sur Facebook, il paraissait logique que l’homme aux 19 millions de « like » aille à leur rencontre. Préférant ainsi une cure d’exposition sur le web plutôt que dans les Media traditionnels … qui n’ont d’ailleurs pas manqué de se faire l’échos de l’événement.

Pour autant pouvant nous dire qu’il s’agit d’une tranche de la population acquise à sa cause? Pas forcément, en effet d’après une étude récente publiée par l’Université d’Harvard qui souligne que Barack Obama a perdu sensiblement la confiance et l’intention de vote de cette même part démographique. Si aujourd’hui le réseau social a presque doublé de taille, sa caisse de résonance aussi. Le pourcentage de votant pro-Obama peut paraître plus modeste cela ne signifie donc pas nécessairement une baisse pour le trésor de guerre, les étudiant d’hier étant les travailleurs d’aujourd’hui.

 


Une guerre de plateforme ?


Pas réellement. J’admets volontiers que le projecteur médiatique a été braqué sur la marque bleu et blanche durant  24 heures mais dans la réalité les 3 beaux gosses du web s’en sortent tous très bien. J’ai moi-même (au même titre que des milliers d’autres personnes) suivi le débat sur Facebook, tout en partageant mes commentaires sur Twitter et ce matin j’ai « googlé » les dernières informations parues tard la soirée. Obama a créé l’événement non seulement chez Facebook mais également dans l’écosystème web qui l’entoure (et concurrence) le géant de Palo Alto.

Je ne désespère pas trouver des chiffres précis sur l’audience estimée de la retransmission du débat car l’event créé pour l’occasion n’affichait qu’un modeste 45 000 « attending ».  Faible en comparaison des presque 600 millions d’utilisateurs potentiels. Le fait de devoir « liker » la page officielle de la maison blanche a-t-il pu être un frein dans la viralisation de cet événement? Oui potentiellement. L’acquisition de Fan reste tout un art …

 

Conclusion

Si le fond du débat n’a pas détonné par rapport aux « town hall meetings » classiques, sur la forme, il a permis d’institutionnaliser un nouveau format de media … le media social (à ne pas confondre avec les Social Media). D’ailleurs, pour aller plus loin dans la réflexion, je vous invite à regarder notre ami David Armano qui en parle très intelligemment ci-dessous lors de  TED X Penn Quarter.

 

 


Je laisse le mot de la fin à Dana Milbank du Washington Post qui a très justement résumé mon impression générale du débat :  « Sounds like another relationship-status update may be in order In a domestic partnership

 

Jon S. Maloy

@JonSMaloy 

 

 


 

Pour revoir Mark Zuckerberg en cravate :

http://www.livestream.com/facebookguests

Pour aller plus loin :

CNN

Huffington Post

Washington Post

Wall Street Journal

Forbes

Harvard University

 



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