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21 octobre 2014
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South by Southwest. Le digital dans tous ses états

South by Southwest. Le digital dans tous ses états

Il y a SXSW et SXSW. Pour sa quatrième visite à SXSW, Francois Grouiller, en charge des stratégies de marque chez Fred & Farid Group, nous livre un petit résumé de ses pérégrinations texanes.

 

Il y a le SXSW des assoiffés de la technologie, qui courent de conférences en panels, de workshop en meet-ups, qui uploadent et downloadent à tour de pouce, suivant méthodiquement leur planning, concocté à l’avance et avec précision, à coup d'arbitrages cornéliens: samedi midi, ce sera plutôt "Leap Motion and the Disappearing Interface" ou "HTML5 and the Mobile Browser War"? 

Stakhanovistes du 2.0, ils sont les premiers dans les interminables files d'attente, double chargeur en main pour ne pas rater le dernier retweet lors de la séance finale de questions-réponses.

Ils rentreront à la maison des insights plein la fibre et, pendant les six prochains mois, ne jureront que par les derniers exploits de l'imprimante 3D Makerbot – "maintenant avec scanner intégré!". Ils se feront les apôtres de "la fin de l'interface", un des grands thèmes de cette année, incarné par Leap Motion, mais surtout par Google Glasses et toutes les déclinaisons de "wearable computing" qui se construisent sur une promesse séduisante: faire disparaitre la machine pour mieux augmenter l'homme.  

Pour eux, le bilan sera clair et convaincu: Apple est en perte de vitesse, HTML5 a gagné la bataille, et le Big Data est la Big Opportunity.

Et leur héros de l’année sera sans conteste Elon Musk, celui par qui le rêve arrive – ou revient, c’est selon, – cet entrepreneur fou comme la France ne sait pas les faire, qui, avec tout l’argent récolté après avoir fondé PayPal, veut relancer la conquête spatiale avec Mars en ligne de mire.

 

Et puis il y a le SXSW des flâneurs du digital, des décontractés du pouce. Ils ont oublié leur Kway et se trompent de salle. Ils sont en rade de batterie et se laissent porter par le vent texan et les escalators géants du Convention Center… et, plus que tout, par toutes ces magnifiques rencontres qui font le secret et la valeur de cette conférence. Bref, ils s'abandonnent à la grande idée fondatrice de SXSW: la "serendipity", ou "hasard heureux".

Heureux hasard qui les mènera peut-être à une conversation de couloir à propos des mérites de Thunderclap, l'application créée par nos amis de DeDe (le studio tech de Droga 5) permettant à un grand groupe d'utilisateurs de regrouper et déclencher tous leurs tweets sur une même intervalle de temps, facilitant ainsi l’émergence du sujet en « trending topic ».

Heureux hasard qui les conduira peut-être à une conférence de MakeLoveNotPorn, une start-up pour le moins décomplexée, lancée par l’énervante Cindy Gallop, l'ancienne patronne de BBH et qui se donne pour ambition d'humaniser les films X en en changeant les protagonistes: non plus des acteurs sur-performants et des actrices (dés)abusés, mais toi, moi, vous…l’industrie du plaisir version crowdsourcing : ne dites pas à ma mère que je suis patronne d'une start-up, elle me croit publicitaire. 

En flânant, ils découvriront peut-être aussi l'étonnant Bassem Youssef, chirurgien égyptien, qui est devenu en quelques mois le plus grand satiriste politique du monde arabe, influençant à lui seul la conception de la liberté d’expression au Moyen-Orient, grâce à quelques vidéos fabriquées avec trois fois rien et mises en ligne sur YouTube. Un esprit vif, une caméra, internet: les recettes les plus simples sont parfois les plus efficaces – et les plus belles. 

 

Enfin, ils s’apercevront peut-être que la Chine devient non seulement un concurrent redoutable, mais aussi une formidable source d’inspiration: les ingénieurs de Yammer (« le Facebook des Pros ») expliquant comment leur propre réussite s'inspire de la culture chinoise du Shanzhai (l’industrie de la copie), parce que c’est le modèle le plus décentralisé, agile et rapide qu’il soit. Un gage, de la part d’une start-up rachetée l’année dernière par Microsoft pour plus d'un milliard de dollars.

 

Tout abandonné aux charmes de cette chère serendipity, il est possible que nos flâneurs digitaux passent à côté des nombreuses interventions de marketeurs, catégorie que les vétérans de SXSW se plaisent à dénigrer. Car pour eux, le marketeur n’essaie pas de créer la culture - il se contente de courir après.

Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait faux, mais force est de constater que les deux grands cas marketing de l'année, Red Bull « Stratos » et Oreo « Dunk in the dark », sont parfaitement en accord avec deux des thèmes majeurs de la conférence de cette année: réapprendre à rêver et investir l'instant

Preuve que si les marques courent toujours après la culture, il arrive parfois qu'elles la rattrapent. 

 

Alors si rien ne remplacera les rencontres que vous auriez pu faire à Austin, rien non plus ne vous empêche d’aller chercher une grande dose d’inspiration sur le web, en flânant à travers tous les contenus disponibles, notamment sur UStream. Ou tout simplement, en prenant quelques minutes pour découvrir les start-ups mises à l’honneur cette année : pour ceux que cela passionne, c’est sans doute le meilleur indicateur des tendances pour ce qui est du business, de la technologie et du design.

 

Francois Grouiller

François est en charge des stratégies de marque chez Fred & Farid Group

@grougrou

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