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02 septembre 2014
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Quand le secteur de l’armement goûte au marketing viral

TRIBUNE
Quand le secteur de l’armement goûte au marketing viral

Une technique de marketing viral cartonne depuis le début des années 2000. Une entreprise envoie un produit ou service sur le point d’être lancé à des internautes influents d’un secteur bien précis (mode, automobile, téléphonie…).

Le but est de leur faire tester le produit/service en échange de retombées sur les médias sociaux (billets de blogs, tweets, vidéos etc…) Aeyron Labs est devenu la première firme du secteur de l’armement à adapter cette pratique en faisant tester son nouveau drone militaire auprès de rebelles libyens lors de l’assaut de Tripoli.

 

Etapes de mise en place de la campagne « influenceurs »:

1.       Opportunisme : la société d’armement a profité du passage de représentants de l’insurrection Libyenne sur un salon spécialisé pour leur proposer un test « terrain ».

 

2.       Bureaucratie canadienne : A grands renforts de lobbying, Aeyron Labs a obtenu l’autorisation du gouvernement canadien d’exporter cette technologie militaire ultra-sensible.

 

3.       Livraison du produit aux testeurs : Là où les agences se contentent de Chronopost, Aeyron a dû passer à travers l’embargo maritime de l’OTAN sur un bateau de pèche Maltais (mais chuuut).

 

4.       Formation des utilisateurs : Un jour et demi de formation à Misurata, un port Libyen dans la main des rebelles.

 

5.       Attente des retours consommateur : Les différents leaders rebelles rapportent aux journalistes qu’ils ont adoré l’ergonomie du drone, sa simplicité d’utilisation et son autonomie. Il est vrai que cette technologie militaire fait rêver la plupart des armées du monde qui recherchent ce nouveau produit encore limité à l’exportation par les puissances du G8.

 

6.       Créer une légende : Diffuser des images captées par le drone sur le terrain, puis sous-entendre que la reconnaissance aérienne en vision nocturne a permis d’accélérer la prise de Tripoli.

 

 

 

 

 

 

 

Evaluation des retombées:


Le succès est au rendez-vous sur Twitter et dans la presse !  Sur les médias sociaux, nous sommes passés d’une moyenne de 1 mention par jour début août à 140 mentions par heure à partir du 24 août. La vidéo sur Youtube a déjà 15 500 vues grâce notamment à l’intérêt patriotique des internautes canadiens. Les presses américaine et canadienne publient l’histoire s’appuyant largement sur le communiqué de presse d’Aeryon Labs et le New York Times a même publié un article rapide sur le sujet.

Preuve supplémentaire du succès, les libyens pro-Kadhafi ont même lancé un appel au boycott du drone avec une timide page Facebook.

 

 

Les limites éthiques remises en cause ?


Finalement aucun secteur ne semble épargné par les campagnes virales. Evidement les actions varient légèrement d’un secteur d’activité à un autre mais les mécanismes de marketing d’influence restent les mêmes. La promotion d’armes de guerre se fait aisément aux USA avec par exemple des essais de snipers dernière génération utilisés par les forces spéciales en Afghanistan ou des comparatifs de fusils d’assaut  auprès de blogueurs spécialisés.

Les fabricants de tabac lancent leurs nouveaux paquets auprès de blogueurs européens en les invitants à des soirées en Russie ou Monaco où les lois anti-tabac sont plus permissives. Les considérations éthiques sont désormais moins des obstacles aux campagnes online que les différentes législations en vigueur.

 

Clément Brygier

Consultant E-reputation chez Vanksen

Twitter @cbrygier

 

 

 

Sources : Globalsecurity.org

Wired.com
Washington Post Blog

 

 

 

 

 

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