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Sea Bubble : et si on volait bientôt sur la Seine ?

Sea Bubble : et si on volait bientôt sur la Seine ?

Une bulle qui volerait sur l’eau de la Seine, la Tamise ou la baie de San Francisco sera-t-elle bientôt disponible ? C'est le rêve d'Alain Thébault, navigateur passionné et inventeur de l’hydroptère. Il nous le raconte. Interview.

Alain Thébault n’a jamais cessé de croire en ses rêves. A 12 ans déjà, au travers du vasistas de son pensionnat, il se voit volant sur une machine bravant les flots et les airs. « Quand j’étais petit j’avais deux livres, le Petit Prince & une BD avec le Golden Gate. Et moi, je voulais voler au-dessous de ce pont mythique. Pendant cette période, j’ai vécu une forme d’oppression, d’enfermement. », explique-t-il dans son premier livre, Pilote d'un rêve, Flammarion 2005. Très tôt il développe le goût pour les matières scientifiques : « J’étais doué en maths, mais j’ai arrêté mes études à l’adolescence pour faire de la planche à voile et du planeur » reprend-il.

Une rencontre va changer sa vie : « Je suis allé trouver Eric Tabarly, qui m’a demandé où j’habitais. A ce moment-là, je vivais dans ma voiture. Il m’a proposé de m’installer chez lui pour construire mon bateau volant. J’ai eu la chance de passer deux ans et demi à ses côtés ». C’est donc une adolescence hors normes que vit Alain Thébault. Il passe son temps à créer, afin de réaliser son vœu le plus cher : « J’ai créé des maquettes puis j’ai démarché de grands groupes industriels. En règle générale, les ingénieurs étaient intéressés, mais les dirigeants beaucoup moins. C’est très compliqué en France de monter son projet et beaucoup de portes se ferment quand on est à ''bac -2''. Grâce au réseau d'Éric Tabarly, nous avons pu lancer cette aventure qui paraissait un peu folle et on a effectué notre premier vol en octobre 1994. On s’est crashé à quatre reprises. Mais les ingénieurs de Dassault d’Airbus continuent de m’aider encore aujourd’hui. »

 

Après moult aventures, c’est seul qu’Alain Thébault continue sa route : « Eric Tabarly m’a dit de continuer tout seul après la traversée de la Manche car il souhaitait se consacrer à Pen Duick. C'est en 2009 que nous avons réussi à passer le ''mur du vent''. A chaque record, j’ai publié un livre : Pilote d'un rêve en 2005 après avoir traversé la Manche plus vite que Blériot, puis The Wind Barrier, le second, qui a été un succès en anglais. Ensuite, j’ai atteint le record mondial de vitesse à la voile en 2009. » Il décide de traverser un océan et de voler sur la houle, et quitte la France pour les Etats-Unis. Il amarre son hydroptère, un voilier qui vole au-dessus de la mer, sur les côtes californiennes à San Francisco. C’est alors que ses exploits arrivent aux oreilles de Larry Page himself « J’ai reçu un SMS de son assistant. Larry et sa femme Lucy sont venus à bord pour une journée mémorable, ''full speed à 45 noeuds sous le Golden Gate''. Comme j'adore partager, j'ai ensuite invité tous les concurrents de la Coupe de l'America. Je leur ai dit de faire voler leurs bateaux. C'est ce qu'a fait mon camarade James Spithill : il a ainsi gagné l'America's Cup en volant. »

 

Alain Thébault ne conçoit pas l’inaction, et se concentre sur un nouveau projet : la traversée de l'Océan Pacifique entre Los Angeles et Hawaii en tentant de survoler la houle Pacifique. Pour cela il est obligé de vendre son appartement de Paris avec l'accord de ses trois filles qui y logent, et décide de démarcher des investisseurs potentiels. Son ami Bertrand Piccard lui suggère de rencontrer Albert de Monaco.  « Il s’entendait très bien avec Éric Tabarly, et a bien voulu me recevoir. J’ai emprunté un costume chez Hermès, et il a remarqué que mon étiquette dépassait : fou rire partagé ! Je lui ai dit que je préférais mettre mon argent dans des cordages que dans des costumes. Nous avons plaisanté, il a beaucoup d'humour. Le Prince a bien voulu m’aider par un petit don de 20 000€. Avec cette somme, j’ai pu changer mes cordages et traverser le Pacifique en juin dernier. Le Prince Albert adore l’aventure et voulait également que nous partions à la rencontre de Bertrand Piccard, lui porté par le soleil et nous par le vent, afin de dénoncer le Pacific Garbage Pack (cet amas d'ordure qui flotte dans l'océan du Pacifique) en parallèle du vol de Solar Impulse. Google nous a offert trente GoPro. Je garde les images pour mon nouveau livre, Le Souffle d'un rêve, à paraître chez Favre avant l'été. » 

 

 

L'une de ses principales sources d’inspiration reste ses filles. Ce sont elles qui lui ont insufflé l’idée de son dernier projet : « Mes filles voulaient que je me rende utile pour la collectivité. Elles vivent dans des grandes villes, complètement engorgées, suffocantes. Tous les quais y sont bouchés, congestionnés tandis que les cours d’eau sont sous-utilisés. Elles voulaient que je fasse quelque chose ! C'est sur les quais de Paris que j’ai eu l’idée de la bulle volante électrique. » Il nomme ce projet la « Sea Bubble » : « C'est une espèce d’œufs avec quatre sièges et des ailes qui lui permettent de décoller grâce à une propulsion électrique. La Sea Bubble sera fabriquée en fibres de lin ce qui lui permettrait d'être biodégradable, et de ne pas laisser de carcasse aux générations futures, à l'inverse des voitures. Quant aux batteries necessaires : Tesla, BMW et Renault nous ont déjà proposé de discuter... Affaire à suivre ! ».

 

Anne Hidalgo voudrait que Paris soit la première ville équipée. Les bulles seront d'abord proposées avec chauffeur, ce qui est sans doute plus rassurant, mais pourraient à moyen terme être mises en libre-service. Pour l'instant, l'aventure est au stade du prototype mais la première démo à Paris ou Londres est prévue pour ce prochain mois de juin. 

 

Tags : france
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