LES SÉQUENCES
DE L’INNOVATION
22 novembre 2014
AccueilSpotify et les marques

Spotify et les marques

Spotify et les marques

Alors que le service légal de musique en ligne vient d'annoncer son lancement en Italie, au Portugal et en Pologne, comment Spotify s'allie aujourd'hui avec les annonceurs? Interview de Yann Thébault, Directeur Général France de Spotify

Barack Obama, David Guetta, Adele, Asthton kutcher, Indochine, Canal+, Max Boutbil, C2C, Vogue, Technikart, One Direction, Bruno Mars,  même Metalica sont des adeptes de Spotify. Au total, ce sont 20 millions d’utilisateurs qui ont choisi Spotify pour écouter de la musique. La plateforme légale de musique en ligne se lance dans trois nouveaux pays l’Italie, la Pologne et le Portugal. En 7 ans, Spotify est un acteur qui compte, il  aurait reversé 500 millions de dollars à l’industrie musicale depuis sa création en 2006. Ce chiffre aurait doublé ces 9 derniers mois. Quelle place Spotify fait-il aux marques ? Interview de Yann Thébault, Directeur Général France de Spotify.


Où en est Spotify depuis son lancement en 2006 ?

Yann Thébault : Aujourd’hui nous sommes présents dans 20 pays dont les USA et l’Australie. Nous comptons 20 millions d’utilisateurs dans le monde dont 5 millions d’utilisateurs payants. L’accès à Spotify pendant les six premiers mois est en illimité, puis intervient une limitation qui permet un accès à 10h d’écoute par mois.  Il existe deux types de comptes avec une offre à 4.99€/mois donnant accès uniquement via le web et à 9.99€/mois qui permet de synchroniser et d’accéder à sa musique sans connexion internet de son smartphone ou le web. La promesse est dès qu’on accède à un compte premium, il n’y a plus de publicité.

 

Le mobile est donc un levier fort pour vous ?

Yann Thébault : Oui c’est très important pour nous. Nous avons aussi évolué car nous étions un simple service d’écoute de musique qui est devenu de plus en plus social. C’est une plateforme de musique universelle car nous pouvons synchroniser nos appareils, avoir accès à des applications donnant accès à plus de contenus (paroles de chansons, playlists, informations sur les artistes, ..) dans le but d’engager notre base. L’idée est d’inciter les gens à écouter plus de musique et leur offrir d’autres informations.

 

Le modèle économique est-il viable en comptant les abonnements et la pub?

Yann Thébault : C’est un modèle mixte, cela nous tient à cœur depuis le début. Nous étions les premiers à adopter le modèle Freemium.  Cela fait partie de l’équité qui consiste à reverser des revenus aux ayants droits mais aussi envers nos utilisateurs. C’est un modèle qui est viable, oui dans le sens ou pour nous l’objectif est de recréer de la valeur pour l’industrie musicale. En Suède par exemple les chiffres au global  de l’industrie musicale sont de +14%, ce qui permet de dire que le modèle fonctionne. On éloigne les utilisateurs du piratage en passant par le légal. Une de nos missions est de combattre le téléchargement illégal. Les fondateurs de Spotify ont souhaité recréer de la valeur dans la musique. Nous proposons un modèle gratuit, légal qui permet de rétribuer les ayants droits.

 

D’autres industries ont adopté le modèle Freemium ?

Yann Thébault : Oui absolument cela s’applique à la vidéo (Netflix), à la presse. Les modes de consommation évoluent, on observe qu’aujourd’hui on s’éloigne de la propriété pour aller à l’accessibilité, cela répond à la demandes des consommateurs. Nous sommes persuadés que le streaming va prendre le pas. Les taux d’adhésion sont importants. Cela nous conforte dans notre position.

 

Avec le mobile, les modifications des usages s’accélèrent d’avantage sur la vente par exemple

Yann Thébault : Oui en effet. Nous nous servons du mobile également pour rapprocher les artistes avec leurs fans grâce à de nouvelles fonctionnalités lancées récemment. Les fans de Lenny Kravitz par exemple peuvent recevoir sur leur mobile des messages le concernant (son actualité, son titre coup de cœur, ses playlists). L’idée est de profiter du social pour tisser un lien encore plus profond entre les fans et les artistes. On y retrouve par ailleurs des gens du cinéma  comme les réalisateurs d’Intouchables. Ce sont des profils officiels d’artistes, de personnalités, les utilisateurs sont très curieux de connaitre leurs goûts musicaux.

 

Quelle est votre offre publicitaire ? Qu’offrez-vous aux marques ?

Yann Thébault : Nous avons une régie publicitaire en propre comme dans chaque pays dans lesquels nous sommes présents. Elles évangélisent notre approche très différente car nous respectons l’utilisateur qui se trouve au centre de nos préoccupations. Quand on délivre de la pub, nous avons opté pour un format publicitaire par page afin de le préserver. Sur les formats vidéo,  on ne les impose pas, l’utilisateur décidera de cliquer, si il est intéressé.  On essaye de trouver la juste limite entre faire émerger l’annonceur tout en respectant l’utilisateur. Nous avons une audience très engagée car les gens passent en moyenne 1h30 par jour sur Spotify contre 10 minutes en moyenne sur d’autres sites de musique. Nous sommes sur une audience active et engagée. Nous avons mis en place des formats pub innovants comme le spot audio digital qui est couplé à du web ce qui permet d’inciter les gens à cliquer sur les bannières pour participer par exemple à un jeu concours ou accéder à d’autre type de contenu.

 

Il y a depuis quelques années un rapprochement fort entre les artistes et les marques avec par exemple Cartier et Lou Reed, sentez-vous une demande différente ? Sur les profils des personnalités que vous venez de lancer, auriez-vous la possibilité d’actionner une campagne spécifique avec les marques ?

Yann Thébault : Bien sûr. C’est vrai que les marques sont soucieuses de tisser de plus en plus un lien plus profond avec leur public. La musique c’est fédérateur, universel donc nous avons beaucoup de demandes dans ce sens-là. Les marques veulent jouer la carte de l’intégration. Notre API permet à une marque d’intégrer notre moteur de recherche au sein de sa page Facebook, de son site pour générer des playlists  et faire participer leurs clients.  Nous pouvons également proposer des livestream (concert MGMT au Bataclan sponsorisé par BlackBerry), des shows cases,  une palette d’outils nous permettant de réponde aux attentes des marques. C’est une tendance indéniable.

Ce que propose les marques en ce moment, c’est de proposer aux utilisateurs de soumettre leurs titres en répondant à la question « qu’est-ce qu’évoque la marque pour vous » par exemple. Cela donne des infos très intéressantes à la marque en termes de perception. On va pouvoir profiter de nos relations avec les maisons de disques pour apporter du contenu aux marques, en proposant par exemple des capsules vidéo exclusives avec des interviews d’artistes ou des sessions acoustiques. Reebok vient de sortir une application qui permet de générer une playlist en fonction du sport pratiqué que ce soit du Yoga ou de la course à pied. Les marques aussi s’emparent seule de notre outil pour créer leur playlist (ex la marque employeur Sephora).

 

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

 

 

 

Photo de Carl Labrosse

LES ARTICLES À DECOUVRIR
Spot TV versus spot web : relooking extrême
VIDEO ADVERTISING avec TEADS Spot TV versus spot web : relooking extrême
Internet est un serial killer !
CULTURE CODE avec NOVIUS Internet est un serial killer !
Le nu version selfie
IN VIVO avec Evolve Le nu version selfie
Le groupe d'après
Tous les jours, faire passer l'actualité de la com'
Repérer ce qui change, souffler sur ce qui bouge, souligner les tendances, faire le plein de contacts.
Cliquez ici.