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25 juillet 2014
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Quelles tendances pour les magasins de proximité?

ETUDE
Quelles tendances pour les magasins de proximité?

Les innovations pour les libres services de proximité sont nombreuses et leur engouement de plus en plus prononcé. Daniel Bô, nous éclaire sur les changements et les tendances de ces magasins.

Daniel Bô, Pdg de QualiQuanti, est l'auteur de l‘étude France / international : quelles innovations pour les libres services de proximité ?, dans laquelle on apprend que 62% des consommateurs Français fréquentent ce circuit qui comprend plus de 23 200 points de vente sur le territoire. En une année, ce marché aurait gagné 490 000 clients supplémentaires, 1,4 million en trois ans. Ces clients dépenseraient en moyenne 262 € par an sur ce marché qui réalisait en 2012, 20 milliards de CA. L'étude révèle par ailleurs, que les interrogés ont été sensibles aux évolutions de l'offre des magasins de proximité. 65% d'entre eux pensent qu'une offre de produits locaux correspond à ce type de magasin tout comme la vente de produits Bio (51%) ou de produits en vrac (47%). Les innovations technologiques en magasin (écran tactiles, wi-fi...) auraient également leur place pour 20% des répondants.


 

Comment expliquez-vous le nouvel engouement des français pour les magasins de proximité et le libre service, les produits y sont vendus plus chers pourtant ? 

Daniel Bô: La proximité représente 16% du marché des produits frais libre-service. Le vieillissement de la population et l’accroissement des personnes seules sont favorables à la proximité.  Les consommateurs sont moins enclins à fréquenter la très grande surface, synonyme d’expédition, de déplacement en voiture et de caddy très rempli.

Le prix reste un argument fort des hypers mais le temps est une composante du prix. S’il faut dépenser une heure de plus pour payer moins cher, le consommateur peut arbitrer en faveur du temps. 

Il y a également un phénomène de service. Outre la livraison, le deuxième service est l’amplitude horaire, un sujet qui fait débat actuellement.

 

Quelles sont d'après vous, les enseignes qui marchent le mieux ? Et pour quelles raisons se démarquent-elles ? 

DB: La proximité a connu de vraies interrogations parce les supers et les hyper étaient très développés en France, sans compter le hard discount qui est arrivé en ville. Les concepts ont longtemps été vieillissants mais des acteurs comme Monop et Carrefour ont su moderniser leurs réseaux.

Les magasins de proximité comme Daily Monop ou Carrefour Express sont jugés plus attractifs pour plusieurs raisons : ils ont une offre enrichie qui dépasse le simple dépannage : bio, frais, prêt-à-consommer, non alimentaire (presse, hygiène, épicerie fine…). Un aménagement plus accueillant : des espaces plus lumineux, plus spacieux, moins encombrés, plus propres… Les horaires d’ouvertures élargis correspondent aux nouveaux modes de vie. Ces enseignes ont développé des espaces de restauration et des efforts ont été fait sur les prix ((plus grande présence de MDD, cartes de fidélité, promotions…).  Enfin l'accueil est plus humain et plus chaleureux.


 
En milieu rural, ces nouveaux magasins auraient-ils leur place? 

DB: Dans l’étude que nous venons de réaliser avec IFLS, nous nous sommes centrés sur la proximité urbaine. Cette étude vise montrer à partir d’une comparaison internationale tout le potentiel d’innovation en milieu urbain. La proximité rurale se développe mais s’adresse plutôt aux foyers à faible pouvoir d’achat. Ce sont des points de ravitaillement très utiles mais peu innovants.


Quelles différences notables, notez vous sur les libre service étrangers ? Quelles tendances?

DB: Les magasins de proximité aux USA sont beaucoup plus vastes qu’en France (2000 m² en moyenne), même lorsqu’implantés en plein centre-ville. Ils offrent donc un référencement plus complet, notamment pour les rayons alimentaires.

Les enseignes urbaines sont plus différenciées qu’en France : les marques distributeur sont fortement mises en valeur et constituent la majorité des achats (80% des produits chez Trader Joe’s). Chaque enseigne développe des produits innovants, emballés dans un packaging soigné, qui sont des vitrines pour les marques.

L’atmosphère de chaque enseigne est aisément reconnaissable : bobo chic et écolo chez Whole Foods Market, familiale et fonctionnelle chez Target, colorée, conviviale et ludique chez Trader Joe’s…


Au Royaume-Uni
, les libres services de proximité sont surtout utilisés pour des achats alimentaires. Ils sont implantés au plus près des clients, y compris dans les gares et sur les quais de train.

Pour répondre aux habitudes de consommation lors du déjeuner, l’offre de produits prêts-à-consommer est abondante et variée: toutes les enseignes proposent un menu déjeuner à prix fixe. Les plats préparés changent régulièrement.

Au Japon, les magasins de proximité ( « convenience stores » ou « kombinis ») tirent environ à 75% leurs revenus de produits d'alimentation, dont la moitié consiste en produits de restauration rapide.

 


Quel serait le libre service de demain ? 

DB: L’étude met en évidence que les distributeurs français ont réussi sur le plan de la proximité physique (maillage du territoire) mais qu’il y a des sources d’innovations en termes de proximité temporelle et relationnelle.

Il faut des points de vente ultra-rapides pour répondre à l’impatience généralisée créée par le besoin croissant d’immédiateté (caisses rapides, drive à pied, distributeurs, prix ronds, etc). Il y a un vrai travail à faire en proximité relationnelle avec un style et un ton moins fonctionnel, plus familier voire humoristique, un meilleur ancrage dans la vie locale, une attention aux besoins des plus âgés.

 

Dans l’étude, nous avons approfondi deux cas de proximité relationnelle aboutie :

Trader Joe’s (US),  une manière ludique de s’adresser au client

Cette chaîne américaine propose une majorité de MDD. La chaîne se distingue par une culture de marque forte : messages humoristiques, styles graphiques empruntés à la culture populaire américaine (western, cartoons)…

The People’s Supermarket (UK), la supérette locale et solidaire (cf première photo)

Cette coopérative londonienne propose des produits bio et locaux, et également des plats préparés sur place par les employés, qui sont également actionnaires et clients.

L’enseigne prône l’entraide locale et le respect de l’environnement (recyclage, récupération des déchets…)

 

 


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