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27 juillet 2014
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Obama loin devant.. sur internet

DANS LE MONDE
Obama loin devant.. sur internet

Aujourd’hui, ont lieu les élections présidentielles américaines qui opposent principalement Barack Obama à Mitt Romney. Une élection placée cette année sous le signe des réseaux sociaux devenus outils de campagne incontournables.

A la différence des élections 2008, les réseaux sociaux sont omniprésents cette année. Plutôt que de s’en tenir aux médias traditionnels ou aux conférences de presse, les candidats ont privilégié la connexion directe avec leurs électeurs : un moyen subtil de créer du lien avec sa cible tout en lui donnant la possibilité de réagir à chaud sur différents sujets. Une situation qui, si au départ donnait l’impression d’être maîtrisée, s’est transformée en une véritable machine à tweets dont plus personne n’était aux commandes et encore moins les candidats.

 

Tandis que les candidats commençaient à se dévoiler peu à peu sur la toile en diffusant la liste de leurs chansons préférées sur Spotify, des photos et des images sur Instagram et Pinterest, les internautes se sont emparés des réseaux sociaux pour commenter chaque évènement de la campagne : déplacements, bourdes, débats… tout était sujet à tweeter. Un raz de marée auquel les candidats ont pris goût, s’adonnant parfois eux-mêmes à quelques joutes verbales sur Twitter. Les hashtags sont devenus de véritables slogans politiques.

L’exemple le plus frappant cette année fut l’affaire de la « chaise vide » de Clint Eastwood. "Quand quelqu'un ne fait pas le boulot, il faut qu'il s'en aille", avait-il déclaré, sur scène en août dernier, à une chaise sans occupant supposé représenter le président démocrate Barack Obama. S’en est ensuite suivi un long monologue incompréhensible. Un soutien à Mitt Romney qui a donné lieu à quantité de moqueries sur le web : les internautes se sont mis à poster, via les hashtag #eastwooding et #invisibleobama, des assises vides de toutes sortes. Barack Obama a lui-même répondu à l'attaque, en diffusant sur son compte Twitter une photo de lui dans le fauteuil présidentiel. "Ce siège est pris", avait-il indiqué.

 

 

Autre affaire, non moins drôle, Mitt Romney a déclaré qu'il souhaitait arrêter de subventionner PBS. Une décision qui aurait pour conséquence de déplumer le célèbre oiseau géant jaune de l’émission «1, Rue Sésame». Twitter a alors vu naitre une quantité de faux comptes en hommage à Big Bird et l’équipe de campagne de Barack Obama n’a pas résisté à détourner le clip original pour saluer le courage du républicain qui a su voir en Big Bird "une menace pour l'économie américaine".

 

 

 

Plus récemment, après le troisième et dernier débat présidentiel, Mitt Romney a déclaré qu’il n’y avait jamais eu aussi peu de navires que depuis 1916, ce à quoi Barack Obama a répondu amusé : « Vous avez mentionné la Navy et le nombre inférieur de navires par rapport à 1916. Eh bien, gouverneur, nous avons également moins de chevaux et de baïonnettes parce que notre armée a changé ». Une joute qui a vu émerger dès le lendemain le tumblr http://horsesandbayonets.tumblr.com/.

 

 

Twitter, un véritable champ de bataille numérique que nul ne peut ignorer aujourd’hui, une plate-forme d’expression où tous les coups sont permis. Aujourd’hui être un grand orateur ne suffit plus, il faut savoir maîtriser ces nouvelles armes de campagne que sont Facebook, Twitter, Google + et Youtube, Instagram, Pinterest, Flickr, Foursquare, Spotify, Tumblr... Les candidats n’ont d’ailleurs pas hésité à s'en servir et à poster des vidéos personnelles avec leur femme, leur famille, leurs amis et leurs fans… une porte ouverte sur leur intimité et des occasions privilégiées de toucher leur cœur électoral.

 

Barack Obama avait déjà flairé l’importance de l’internet dans la campagne de 2008, avec 2,5 millions de fans sur Facebook, le jour de l'élection. Il pensait déjà qu’avec un peu de stratégie il était possible de rivaliser avec tous ces drôles de chats et de « mêmes » au cœur de la viralité d’aujourd’hui. Un bon sens qui fait de lui le maitre incontesté du digital sur cette campagne. Accompagné de Joe Rospars, son directeur de stratégie numérique, et selon The Guardian, Barack Obama a rassemblé une équipe de 750 personnes entièrement vouée à alimenter ses comptes Twitter, ses pages Facebook et chaînes Youtube chargés d’assurer sa présence sur la toile. De son côté, Mitt Romney n’aurait que 87 personnes de son équipe se consacrant aux réseaux sociaux.

Aujourd’hui Barack Obama c’est plus de 21 millions d’abonnés sur son compte officiel Twitter (contre plus d’1 million pour Mitt Romney) et plus de 31 millions d’abonnés sur son compte officiel Facebook (contre près de 11 millions pour Mitt Romney). A contrario, selon une étude de Mindshare, Barack Obama pourrait influer moins d'électeurs par le biais des réseaux sociaux que son rival républicain Mitt Romney. En effet, toujours selon cette étude, les électeurs républicains seraient plus actifs sur Twitter et Facebook.

 

Le marketing mobile n’est pas en reste. Il a permis de récolter des fonds et changer radicalement le mode de financement politique aux Etats-Unis. Selon le site Campaign Live, ce dispositif aurait permis à Barack Obama de récolter des dizaines de millions de dollars. Preuve qu’aujourd’hui les réseaux sociaux pèsent dans la balance.

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